Aides

Meilleure méthode pour arrêter de fumer : les aides, preuves à l'appui

L’essentiel

Aucune méthode ne gagne pour tout le monde, mais plusieurs aides ont fait leurs preuves. Sans aide, 3 à 5 % des personnes tiennent 6 à 12 mois (Hughes, 2004). Les substituts nicotiniques augmentent les chances d'arrêt de 50 à 60 % selon la revue Cochrane et Tabac Info Service, de 50 à 70 % selon l'Assurance Maladie ; la plupart sont remboursés à 65 % sur ordonnance. Associer un patch et une forme orale fait mieux qu'une forme seule. La varénicline vient en seconde intention.

des arrêts sans aide tiennent 6 à 12 mois (Hughes, Addiction, 2004)
3 à 5 %
remboursés sur ordonnance pour la grande majorité des substituts (Assurance Maladie)
65 %
taux d'arrêt avec un substitut, face à un placebo ou à rien (Cochrane 2018)
× 1,55
patch et forme orale associés, face à une seule forme (Cochrane 2023)
× 1,27

Mis à jour le · sources relues le 5 novembre 2026 · notre méthode

Page par page

Quelle aide marche le mieux pour arrêter de fumer ?

Le point de comparaison, c’est l’arrêt sans rien. D’après une revue d’études parue en 2004 dans la revue Addiction, 3 à 5 % des personnes qui arrêtent seules tiennent 6 à 12 mois. Chaque ligne du tableau se mesure à ce socle. Ce sont des moyennes tirées d’essais : elles ne garantissent rien pour une personne donnée.

Aide Ce que disent les preuves Remboursement Qui prescrit ou accompagne
Un substitut nicotinique seul (patch, gomme, pastille) 2 à 3 arrêts de plus pour 100 (Cochrane 2023) 65 % sur ordonnance Médecin, sage-femme, dentiste, infirmier, kiné
Patch et forme orale associés Taux d’arrêt × 1,27 face à une seule forme (Cochrane 2023, certitude élevée) 65 % sur ordonnance Les mêmes
Varénicline (Champix) Environ 8 arrêts de plus pour 100 (Cochrane 2023, certitude élevée) 65 %, après échec des substituts Médecin uniquement
Bupropion (Zyban) 2 à 3 arrêts de plus pour 100 (Cochrane 2023) Non remboursé Sur ordonnance
Cigarette électronique avec nicotine Preuves insuffisantes selon la HAS (2014) ; environ 8 arrêts de plus pour 100 (Cochrane 2023) Aucun Personne : ce n’est pas un produit de santé
Accompagnement par un professionnel Plus de chances d’y arriver qu’en arrêtant seul (HAS 2014) Gratuit au 39 89 Médecin traitant, tabacologue, 39 89
Hypnose, acupuncture Bénéfice non établi (HAS 2014) Hypnose : en général non remboursée Non concerné

« Arrêts de plus pour 100 » : le nombre de personnes en plus qui arrêtent, sur 100, par rapport à un groupe témoin.

Ce que la comparaison Cochrane de 2023 place en tête

En 2023, une revue Cochrane a mis face à face les médicaments de l’arrêt et la cigarette électronique. Trois aides ressortent avec un niveau de certitude élevé : la cigarette électronique avec nicotine, la varénicline et la cytisine. L’association de deux substituts nicotiniques figure aussi parmi les plus efficaces. Un patch seul, une forme orale seule ou le bupropion aident, mais moins.

Les recommandations françaises ne suivent pas ce classement à la lettre. La HAS (2014) place les substituts nicotiniques en première intention et réserve la varénicline et le bupropion à la seconde, en raison de leurs effets indésirables. Sur la cigarette électronique, il y a deux voix. La HAS, en 2014, écrit qu’elle ne peut pas la recommander ; l’Assurance Maladie, en 2025, qu’il n’y a pas de preuve scientifique suffisante pour y voir une aide à l’arrêt. La mise à jour 2026 de la revue Cochrane conclut, elle, qu’elle fait mieux que les substituts (taux d’arrêt × 1,61, certitude élevée). La page cigarette électronique détaille qui dit quoi.

Ce qui est remboursé, et avec quelle ordonnance

Au 5 novembre 2026, la grande majorité des substituts nicotiniques est remboursée à 65 % par l’Assurance Maladie, à condition d’avoir une ordonnance. Cinq professions peuvent la rédiger : médecins, sages-femmes, chirurgiens-dentistes, infirmiers et masseurs-kinésithérapeutes. Le pharmacien conseille et délivre, mais ne prescrit pas. Sans ordonnance, les substituts restent en vente libre, à tes frais.

La varénicline, de nouveau commercialisée après une longue rupture, est remboursée au même taux, sur prescription d’un médecin uniquement. Le bupropion n’est pas remboursé. La cigarette électronique ne bénéficie d’aucune prise en charge.

Par où commencer, concrètement

La HAS l’écrit sans détour : un fumeur qui veut arrêter et qui reçoit de l’aide a plus de chances d’y parvenir que celui qui arrête sans aide. Ton médecin traitant peut être ce premier appui, et t’orienter vers un tabacologue si besoin.

Deux repères avant le rendez-vous. Le test de Fagerström mesure ta dépendance : la varénicline, par exemple, est réservée aux fumeurs très dépendants. La page sevrage décrit ce qui t’attend les premières semaines.

Le dosage et la durée d’un traitement ne se choisissent pas sur une page web : ils se règlent avec la personne qui te suit. Si tu n’as personne, les tabacologues du 39 89 répondent du lundi au samedi, de 8 h à 20 h ; le service est gratuit et l’appel non surtaxé.

Enceinte ou mineur : des règles à part

Selon la HAS, les substituts nicotiniques peuvent être utilisés dès 15 ans ; la varénicline et le bupropion sont contre-indiqués avant 18 ans. Pendant la grossesse, l’Assurance Maladie indique que les substituts peuvent être proposés quand une prise en charge sans médicament a échoué, et que la varénicline est contre-indiquée. Dans ces situations, parles-en à ton médecin, à ta sage-femme ou à ton pharmacien avant de commencer quoi que ce soit. La page arrêter de fumer enceinte fait le point.

Les sources

  1. Assurance Maladie, « Arrêt du tabac : quelle prise en charge pour les substituts nicotiniques ? » (4 décembre 2025) — Depuis le 1er janvier 2019, la grande majorité des substituts nicotiniques est remboursée à 65 %, sur prescription. Ils augmentent les chances de réussite de 50 à 70 %. Les produits du vapotage n'ont aucune prise en charge ; la page ne voit pas de preuve scientifique suffisante qu'ils aident à arrêter.
  2. Assurance Maladie, actualité pour les pharmaciens sur Mois sans tabac et les substituts (6 octobre 2026) — Les médecins (y compris les médecins du travail), les sages-femmes, les chirurgiens-dentistes, les infirmiers et les masseurs-kinésithérapeutes peuvent prescrire des substituts nicotiniques.
  3. Assurance Maladie (médecins), « La prise en charge du sevrage tabagique » (4 décembre 2025) — La varénicline est remboursée à 65 % et délivrée uniquement sur prescription médicale ; elle est contre-indiquée chez la femme enceinte. Les substituts peuvent être proposés aux femmes enceintes après échec d'une prise en charge non médicamenteuse.
  4. Tabac Info Service, « Je choisis un traitement adapté pour arrêter de fumer » (mise à jour le 5 octobre 2026) — Les substituts existent en patchs, gommes, pastilles ou comprimés à sucer, inhaleur et spray ; il est recommandé d'associer les deux catégories. Ils augmentent de 50 à 60 % les chances de tenir au moins 6 mois. La varénicline est remboursée, pas le bupropion. Sans ordonnance, l'achat en pharmacie est à ses frais.
  5. HAS, recommandation « Arrêt de la consommation de tabac : du dépistage individuel au maintien de l'abstinence » (octobre 2014) — Substituts nicotiniques en première intention ; varénicline et bupropion en seconde intention, contre-indiqués avant 18 ans. Substituts utilisables dès 15 ans. Cigarette électronique : impossible de la recommander. Hypnose, acupuncture : bénéfice non établi. Un fumeur aidé a plus de chances d'arrêter.
  6. Hughes, Keely et Naud, Addiction, 2004 (janvier 2004) — Chez les fumeurs qui arrêtent sans aide, 3 à 5 % obtiennent une abstinence prolongée de 6 à 12 mois après une tentative.
  7. Hartmann-Boyce et al., revue Cochrane sur les substituts nicotiniques (31 mai 2018) — Tous substituts confondus, le taux d'arrêt est multiplié par 1,55 face à un placebo ou à l'absence de substitut (133 études, 64 640 participants, preuves de qualité élevée). Les auteurs concluent à une hausse de 50 à 60 % du taux d'arrêt.
  8. Theodoulou et al., revue Cochrane sur les formes et les associations de substituts (19 juin 2023) — Associer un patch et une forme à action rapide multiplie le taux d'arrêt par 1,27 par rapport à une forme seule (16 études, 12 169 participants, certitude élevée).
  9. Lindson et al., revue Cochrane comparant médicaments et cigarette électronique (12 septembre 2023) — Aides les plus efficaces : cigarette électronique avec nicotine, varénicline et cytisine (certitude élevée), soit environ 8, 8 et 7 arrêts de plus pour 100, ainsi que l'association de substituts. Patch seul, substitut rapide seul, bupropion : 2 à 3 arrêts de plus pour 100.
  10. Lindson et al., revue Cochrane « Electronic cigarettes for smoking cessation » (26 août 2026) — La cigarette électronique avec nicotine multiplie le taux d'arrêt par 1,61 par rapport aux substituts nicotiniques (11 études, 4 114 participants, certitude élevée).

Sources relues le 5 novembre 2026. Ces repères ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé. En France, Tabac Info Service répond au 39 89.

Questions fréquentes

Quelle aide a le plus de preuves d'efficacité pour arrêter de fumer ?

Dans la comparaison d'ensemble publiée par Cochrane en 2023, trois aides arrivent en tête avec une certitude élevée : la cigarette électronique avec nicotine, la varénicline et la cytisine (environ 8, 8 et 7 arrêts de plus pour 100 personnes), ainsi que l'association de deux substituts nicotiniques. En France, la HAS recommande les substituts en première intention et la varénicline en seconde ; son texte de 2014 ne recommande pas la cigarette électronique. Le choix se fait avec un professionnel de santé, selon ta dépendance et ta situation.

Quel pourcentage de fumeurs réussit à arrêter sans aucune aide ?

D'après une revue d'études parue en 2004 dans la revue Addiction (Hughes et ses collègues), 3 à 5 % des personnes qui arrêtent sans aide restent abstinentes 6 à 12 mois après une tentative. C'est une moyenne tirée d'études, pas une prévision pour toi. Elle sert surtout de point de comparaison pour mesurer ce qu'apporte chaque aide.

Faut-il une ordonnance pour obtenir un traitement d'aide à l'arrêt du tabac ?

Pour les substituts nicotiniques, non : ils sont en vente libre en pharmacie. Mais sans ordonnance, tu paies tout. Avec une ordonnance d'un médecin, d'une sage-femme, d'un chirurgien-dentiste, d'un infirmier ou d'un masseur-kinésithérapeute, la grande majorité est remboursée à 65 % par l'Assurance Maladie. La varénicline, elle, n'est délivrée que sur prescription d'un médecin.

Les substituts augmentent-ils les chances d'arrêt de 50 à 60 % ou de 50 à 70 % ?

Les deux chiffres circulent. La revue Cochrane de 2018 (133 études) conclut à une hausse de 50 à 60 % du taux d'arrêt, et Tabac Info Service reprend cette fourchette pour un arrêt tenu au moins 6 mois. L'Assurance Maladie écrit de son côté 50 à 70 %. Nous donnons les deux, en précisant que le résumé de la revue scientifique dit 50 à 60 %.

Quelles aides à l'arrêt du tabac sont possibles avant 18 ans ?

Selon la HAS, les substituts nicotiniques peuvent être utilisés dès 15 ans, alors que la varénicline et le bupropion sont contre-indiqués avant 18 ans. Pour un adolescent, la porte d'entrée est donc un prescripteur de substituts : médecin, sage-femme, chirurgien-dentiste, infirmier ou masseur-kinésithérapeute. Parles-en aussi à ton pharmacien avant de commencer.