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Patch à la nicotine : comment il agit, ce que prouvent les essais
L’essentiel
Le patch à la nicotine diffuse la nicotine de façon lente et continue, pendant 16 ou 24 heures selon les modèles. Dans la revue Cochrane de 2018, il multiplie le taux d'arrêt par 1,64 par rapport à un placebo ou à l'absence de substitut. L'associer à une forme orale (gomme, pastille) fait mieux qu'une forme seule : taux multiplié par 1,27, certitude élevée (Cochrane 2023). Il est remboursé à 65 % sur ordonnance. Le dosage et la durée se règlent avec un professionnel.
- taux d'arrêt avec patch, face à un placebo ou à rien (Cochrane 2018, 51 essais)
- × 1,64
- patch et forme orale, face à une seule forme (Cochrane 2023, certitude élevée)
- × 1,27
- remboursés par l'Assurance Maladie, sur ordonnance
- 65 %
Mis à jour le · sources relues le 5 novembre 2026 · notre méthode
Comment agit un patch à la nicotine ?
Tabac Info Service range les substituts nicotiniques en deux catégories. Le patch appartient à la première : posé sur la peau, il diffuse la nicotine de façon lente et continue. Il se garde toute la journée, pendant 16 heures ou 24 heures selon les modèles. La seconde catégorie réunit les formes orales (gommes, pastilles, spray), à prendre quand une forte envie de fumer se présente.
Pour les personnes qui ont besoin d’un traitement médicamenteux, la HAS recommande les substituts nicotiniques en première intention.
Le patch est-il efficace ? Les chiffres des essais
| Comparaison | Résultat | Source, certitude |
|---|---|---|
| Patch, face à un placebo ou à aucun substitut | Taux d’arrêt × 1,64 (51 essais) | Cochrane 2018 |
| Tous substituts, même comparaison | Taux d’arrêt × 1,55 (133 études, 64 640 participants) | Cochrane 2018, qualité élevée |
| Patch seul, face à une forme rapide seule | Taux proches (rapport de 0,90, entre 0,77 et 1,05) | Cochrane 2023 |
| Patch et forme rapide, face à une seule forme | Taux d’arrêt × 1,27 (16 études, 12 169 participants) | Cochrane 2023, certitude élevée |
| Patch porté plus ou moins longtemps | Pas d’effet clair de la durée | Cochrane 2023, certitude faible |
Un taux multiplié par 1,64 ne veut pas dire 64 % de réussite. Il veut dire que, dans les essais, les groupes avec patch comptaient 1,64 fois plus d’arrêts que les groupes sans. En valeur absolue, la comparaison d’ensemble publiée par Cochrane en 2023 chiffre le patch seul, comme une forme orale seule, à 2 à 3 arrêts de plus pour 100 personnes.
Côté français, deux formulations coexistent. Tabac Info Service écrit que les substituts augmentent de 50 à 60 % les chances de tenir au moins 6 mois, ce qui correspond à la conclusion de la revue Cochrane. L’Assurance Maladie écrit 50 à 70 %.
Patch seul, ou patch et gomme ?
Les deux catégories se complètent, et les sources françaises conseillent de les associer : Tabac Info Service le recommande « pour plus d’efficacité », l’Assurance Maladie rappelle que la HAS préconise de combiner les deux. Les essais vont dans le même sens : c’est la quatrième ligne du tableau. En revanche, entre un patch seul et une forme orale seule, la revue Cochrane ne trouve pas de différence nette. Les gommes et pastilles ont leur propre page.
Dosage et durée : à régler avec un professionnel
Tu ne trouveras ici ni dosage ni calendrier : ils se décident avec ton médecin, ton pharmacien ou un tabacologue. Trois repères tirés des sources, pour préparer la discussion.
- Le sous-dosage est fréquent. L’Assurance Maladie en liste les signes dans sa page destinée aux infirmiers : envies de fumer qui persistent, troubles de l’humeur, insomnie, irritabilité. Ils ressemblent aux symptômes du sevrage. Si tu les ressens sous patch, parles-en à ton médecin ou à ton pharmacien plutôt que d’abandonner le traitement.
- Sur la durée, les sources donnent des repères, pas une règle. Tabac Info Service écrit qu’un traitement dure en général entre 3 et 6 mois et peut être prolongé ; la HAS parle d’au minimum 3 mois, aussi longtemps que nécessaire. La revue Cochrane de 2023, elle, ne trouve pas d’effet clair de la durée du patch.
- Les effets indésirables et les contre-indications ne sont pas détaillés sur cette page. Lis la notice et parles-en à ton médecin ou à ton pharmacien, en particulier pendant une grossesse.
Personne à qui poser la question ? Le 39 89 de Tabac Info Service met en relation avec un tabacologue, gratuitement et sans surtaxe sur l’appel, du lundi au samedi entre 8 h et 20 h.
Remboursement : 65 % avec une ordonnance
Au 5 novembre 2026, les patchs inscrits sur la liste des médicaments remboursables sont pris en charge à 65 % par l’Assurance Maladie, sur ordonnance. Sans ordonnance, tu peux en acheter en pharmacie, à tes frais. Côté âge, la HAS indique que les substituts peuvent être utilisés dès 15 ans ; la liste de l’Assurance Maladie fixe un âge minimal de 15 ou 18 ans selon le produit. Qui peut prescrire, tiers payant, part de la mutuelle : tout est sur la page remboursement.
Les sources
- Tabac Info Service, « Je choisis un traitement adapté pour arrêter de fumer » (mise à jour le 5 octobre 2026) — Le patch permet une diffusion lente et continue de nicotine ; il se garde toute la journée, 16 ou 24 heures selon les patchs. Il est recommandé d'associer les deux catégories de substituts. Ils augmentent de 50 à 60 % les chances de tenir au moins 6 mois. Le traitement dure en général entre 3 et 6 mois et peut être prolongé.
- HAS, recommandation « Arrêt de la consommation de tabac : du dépistage individuel au maintien de l'abstinence » (octobre 2014) — Les substituts nicotiniques sont recommandés en première intention et utilisables dès 15 ans. La combinaison d'un timbre avec une forme à absorption rapide est plus efficace qu'une forme unique. Durée d'au minimum 3 mois, prolongeable aussi longtemps que nécessaire.
- Hartmann-Boyce et al., revue Cochrane sur les substituts nicotiniques (31 mai 2018) — Face à un placebo ou à l'absence de substitut, le taux d'arrêt est multiplié par 1,64 avec le patch (51 essais) et par 1,55 tous substituts confondus (133 études, 64 640 participants, preuves de qualité élevée), soit une hausse de 50 à 60 %.
- Theodoulou et al., revue Cochrane sur les formes, doses et durées des substituts (19 juin 2023) — Patch et forme rapide associés : taux d'arrêt multiplié par 1,27 face à une forme seule (16 études, 12 169 participants, certitude élevée). Patch seul ou forme rapide seule : taux proches (0,90 ; 0,77 à 1,05 ; 8 études, 3 319 participants). Pas d'effet clair de la durée du patch (certitude faible).
- Lindson et al., revue Cochrane comparant médicaments et cigarette électronique (12 septembre 2023) — En valeur absolue, le patch seul, le substitut rapide seul et le bupropion apportent 2 à 3 arrêts de plus pour 100 personnes par rapport au groupe témoin.
- Assurance Maladie, « Arrêt du tabac : quelle prise en charge pour les substituts nicotiniques ? » (4 décembre 2025) — La grande majorité des substituts est remboursée à 65 % sur prescription. La Haute Autorité de santé préconise de combiner les deux catégories. Les substituts augmentent les chances de réussite de 50 à 70 %.
- Assurance Maladie (infirmiers), « La prise en charge du sevrage tabagique » (3 septembre 2026) — Le sous-dosage est fréquent ; ses signes : persistance des pulsions à fumer, troubles de l'humeur, insomnie, irritabilité.
- Assurance Maladie, liste des substituts nicotiniques pris en charge (PDF) (liste au 31 décembre 2023) — La liste des substituts remboursables à 65 % sur prescription comprend des patchs et indique pour chaque produit un âge minimal de 15 ou 18 ans.
Sources relues le 5 novembre 2026. Ces repères ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé. En France, Tabac Info Service répond au 39 89.