Arrêter de fumer

Comment arrêter de fumer : un chemin en cinq étapes, sources à l'appui

L’essentiel

Pour arrêter de fumer, avance en cinq étapes : mesurer ta dépendance, choisir une aide, te faire accompagner, préparer les premières semaines, repartir après un écart. Sans aide, 3 à 5 % des personnes tiennent 6 à 12 mois (Hughes, 2004). Les substituts nicotiniques augmentent le taux d'arrêt de 50 à 60 % (revue Cochrane, 2018) ; la plupart sont remboursés à 65 % sur ordonnance. Au 39 89, un tabacologue te suit gratuitement.

encore abstinents 6 à 12 mois après un arrêt sans aide (Hughes, 2004)
3 à 5 %
d'arrêts avec des substituts nicotiniques, face à un placebo ou à rien (Cochrane, 2018)
+ 50 à 60 %
taux d'arrêt avec un suivi individuel, sans médicament (Cochrane, 2017)
× 1,57
remboursés par l'Assurance Maladie sur la plupart des substituts prescrits, sans plafond
65 %

Mis à jour le · sources relues le 5 novembre 2026 · notre méthode

Page par page

Par où commencer pour arrêter de fumer ?

Par un constat : arrêter sans rien est le chemin le plus raide. D’après une synthèse parue en 2004 dans la revue Addiction, 3 à 5 % des personnes qui arrêtent sans aide sont encore abstinentes 6 à 12 mois plus tard. Les cinq étapes ci-dessous servent à faire mieux, sans rien garantir : ce sont des moyennes d’études.

Étape Ce que disent les sources Pour aller plus loin
1. Mesurer ta dépendance Test de Fagerström recommandé par la HAS (2014) Le test
2. Choisir une aide Substituts nicotiniques : 50 à 60 % d’arrêts en plus (Cochrane, 2018) Les aides comparées
3. Te faire accompagner Suivi individuel : taux d’arrêt multiplié par 1,57 (Cochrane, 2017) Le 39 89
4. Tenir les premières semaines Sans aide, la plupart des rechutes dans les 8 premiers jours (Hughes, 2004) Le sevrage
5. Repartir après un écart 6 à 142 tentatives en moyenne selon le calcul (Chaiton, 2016) Le guide

Étape 1 : où en est ta dépendance ?

Le test de Fagerström situe ta dépendance physique en six questions. La Haute Autorité de santé (HAS) le recommande au moment où tu décides d’arrêter, comme support pour en parler avec un professionnel. Elle relève que, dans plusieurs études, le risque de rechute est plus important quand le score est élevé : une raison de prévoir plus d’appui, pas un verdict.

Comme le test ignore le manque et la perte de contrôle, la HAS retient aussi trois signes : avoir rechuté après un essai, continuer malgré des effets sur sa santé, craindre de manquer de tabac.

Faire le point, c’est aussi compter : la page prix du tabac donne les tarifs officiels, et les outils calculent ce que ta consommation te coûte.

Étape 2 : quelle aide choisir ?

Quand un médicament est nécessaire, la HAS recommande d’abord les substituts nicotiniques. La revue Cochrane de 2018 (preuves de qualité élevée) conclut qu’ils augmentent le taux d’arrêt de 50 à 60 %. La grande majorité est remboursée à 65 % par l’Assurance Maladie, sans plafond annuel, à condition d’avoir une ordonnance : la page remboursement des substituts dit qui peut la rédiger.

Pour les autres aides, il y a deux voix. La HAS, dans sa recommandation de 2014, place la varénicline en seconde intention et ne recommande pas la cigarette électronique, sans demander de la déconseiller. Une comparaison Cochrane de 2023 place en tête trois aides, dont la varénicline et la cigarette électronique avec nicotine (environ 8 arrêts de plus pour 100 personnes chacune, certitude élevée), et range l’association de deux substituts parmi les plus efficaces. Le produit et le dosage se choisissent avec un médecin ou un pharmacien.

Étape 3 : faut-il se faire accompagner ?

Oui, d’après la revue Cochrane de 2017 sur le suivi individuel (27 études, qualité élevée), qui mesure un taux d’arrêt multiplié par 1,57 face à un contact minimal, sans médicament.

Trois portes d’entrée : ton médecin traitant, un tabacologue, ou le téléphone. Au 39 89, la ligne de Tabac Info Service, un conseiller prend tes premières questions puis te passe un tabacologue. Ce sera toujours le même, et c’est lui qui te rappelle aux rendez-vous fixés ensemble. La ligne répond du lundi au samedi, de 8 h à 20 h ; le suivi est gratuit, l’appel non surtaxé.

Étape 4 : comment tenir les premières semaines ?

Chez les personnes qui arrêtent sans aide, la plupart des rechutes surviennent dans les 8 premiers jours ; les auteurs de la synthèse de 2004 conseillent de concentrer l’aide sur la première semaine. Ensuite, le compteur d’arrêt affiche le temps tenu, l’argent gardé et les bienfaits acquis.

D’un coup ou progressivement ? La HAS recommande d’abord l’arrêt immédiat, et admet une réduction progressive sous substituts pour qui ne peut pas arrêter d’un coup. La revue Cochrane de 2019 (22 études, certitude modérée) ne trouve pas qu’une approche fasse mieux que l’autre. À toi de choisir, en visant l’arrêt complet.

Étape 5 : et si tu refumes ?

Refumer après un arrêt est fréquent : sans aide, c’est même ce qui arrive le plus souvent. Une étude canadienne de 2016 a estimé le nombre d’essais qui précèdent l’arrêt réussi : de 6 à 142 en moyenne, selon la méthode de calcul. Ce n’est pas une règle, seulement le signe que s’y reprendre à plusieurs fois est ordinaire.

Pour la HAS, avoir rechuté après une tentative est un signe de dépendance : une information sur l’aide qu’il te faut, pas sur ta volonté. Reprends à l’étape 2 ou 3, avec un appui que tu n’avais pas la première fois.

Les sources

  1. HAS, recommandation « Arrêt de la consommation de tabac : du dépistage individuel au maintien de l'abstinence » (octobre 2014) — Recommande le test de Fagerström en 2 ou 6 questions et le repérage des critères qu'il ignore. Substituts nicotiniques en première intention, varénicline en seconde. Arrêt immédiat recommandé d'abord, réduction progressive sous substituts possible. Ne recommande pas la cigarette électronique, sans la déconseiller. Une rechute après une tentative est un signe de dépendance.
  2. HAS, argumentaire scientifique de la recommandation (octobre 2014) — La mesure de la dépendance est à envisager lors de l'évaluation initiale ; les questionnaires peuvent servir de support de discussion. Plusieurs études montrent un risque de rechute plus important quand les scores sont élevés.
  3. Hughes, Keely et Naud, Addiction, 2004 (janvier 2004) — Chez les fumeurs qui arrêtent sans traitement, 3 à 5 % restent abstinents 6 à 12 mois après une tentative. La plupart des rechutes surviennent dans les 8 premiers jours ; les auteurs recommandent de concentrer l'aide sur la première semaine.
  4. Hartmann-Boyce et al., revue Cochrane sur les substituts nicotiniques, 2018 (31 mai 2018) — Substituts nicotiniques contre placebo ou absence de substitut : risque relatif d'abstinence de 1,55 (133 études, 64 640 participants, preuves de qualité élevée). Les auteurs concluent à une hausse du taux d'arrêt de 50 à 60 %.
  5. Lindson et al., revue Cochrane comparant médicaments et cigarette électronique, 2023 (12 septembre 2023) — Aides les plus efficaces : cigarette électronique avec nicotine, varénicline et cytisine (certitude élevée), ainsi que l'association de substituts. En valeur absolue, environ 8 arrêts de plus pour 100 pour la cigarette électronique avec nicotine et pour la varénicline ; 2 à 3 pour un patch seul.
  6. Lancaster et Stead, revue Cochrane sur l'accompagnement individuel, 2017 (31 mars 2017) — Suivi individuel par un professionnel contre contact minimal, sans médicament : risque relatif de 1,57 (27 études, 11 100 participants, qualité élevée). Quand tous reçoivent des substituts : 1,24 (6 études).
  7. Assurance Maladie, « Arrêt du tabac : quelle prise en charge pour les substituts nicotiniques ? » (4 décembre 2025) — Depuis le 1er janvier 2019, la grande majorité des substituts nicotiniques est remboursée à 65 %, sur prescription, sans plafond annuel. La complémentaire santé peut prendre en charge le ticket modérateur. Les produits du vapotage ne sont pas pris en charge.
  8. Tabac Info Service, « Le 39 89 » (non datée) — Ligne ouverte du lundi au samedi, de 8 h à 20 h ; accompagnement gratuit. Un conseiller répond aux premières questions puis met en relation avec un tabacologue, toujours le même, qui rappelle aux rendez-vous choisis.
  9. Lindson et al., revue Cochrane sur la réduction avant l'arrêt, 2019 (30 septembre 2019) — Réduire puis arrêter, ou arrêter d'un coup : aucune des deux approches ne donne de meilleurs taux d'arrêt à long terme (risque relatif de 1,01 ; 22 études, 9 219 participants, certitude modérée).
  10. Chaiton et al., BMJ Open, 2016 (9 juin 2016) — Cohorte canadienne de 1 277 fumeurs : le nombre moyen de tentatives avant l'arrêt réussi va de 6,1 à 142 selon la méthode de calcul ; 29,6 avec la méthode jugée la moins biaisée.

Sources relues le 5 novembre 2026. Ces repères ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé. En France, Tabac Info Service répond au 39 89.

Questions fréquentes

Par où commencer quand on veut arrêter de fumer ?

Par un état des lieux : le test de Fagerström situe ta dépendance en six questions, et la HAS le recommande au début de la démarche. Ensuite, choisis une aide (la grande majorité des substituts nicotiniques est remboursée à 65 % sur ordonnance) et un accompagnement : ton médecin traitant, un tabacologue ou le 39 89 de Tabac Info Service, gratuit. Prépare enfin la première semaine : chez les personnes qui arrêtent sans aide, c'est là que surviennent la plupart des rechutes.

Se faire accompagner augmente-t-il vraiment les chances d'arrêter de fumer ?

Oui, d'après les essais. La revue Cochrane de 2017 sur le suivi individuel par un professionnel (27 études, 11 100 participants, preuves de qualité élevée) mesure un taux d'arrêt multiplié par 1,57 face à un contact minimal, quand personne ne reçoit de médicament. Quand tout le monde reçoit des substituts nicotiniques, le suivi apporte encore un gain, plus modeste (multiplié par 1,24). Ce sont des moyennes d'études, pas une garantie pour une personne donnée.

Combien coûte l'arrêt du tabac quand on se fait aider ?

Une bonne partie est prise en charge. La grande majorité des substituts nicotiniques est remboursée à 65 % par l'Assurance Maladie, sans plafond annuel depuis le 1er janvier 2019, à condition d'avoir une ordonnance ; la complémentaire santé peut couvrir le reste, selon ton contrat. Sans ordonnance, pas de remboursement. Le suivi par un tabacologue du 39 89 est gratuit. La cigarette électronique n'est pas prise en charge.

Que faire après une rechute quand on a arrêté de fumer ?

D'abord, savoir que c'est fréquent : sans aide, 3 à 5 % seulement des personnes sont encore abstinentes 6 à 12 mois après une tentative (Hughes, 2004), et il faut souvent s'y reprendre à plusieurs fois. Ensuite, en parler. Pour la HAS, avoir rechuté après une tentative est un signe de dépendance : c'est une raison de t'appuyer cette fois sur un traitement ou un suivi, avec ton médecin, un tabacologue ou le 39 89, plutôt que de repartir seul.