Arrêter de fumer

Arrêter de fumer à 40, 50 ou 60 ans : les années de vie regagnées selon l'âge

L’essentiel

Non, il n'est jamais trop tard : pour la HAS, il existe toujours un bénéfice à l'arrêt, quel que soit l'âge. Les chiffres varient selon les sources. HAS (2014) et Assurance Maladie (2025) : 7 ans d'espérance de vie gagnés en arrêtant à 40 ans, 4 ans à 50 ans, 3 ans à 60 ans. Étude de Doll (BMJ, 2004), mêmes chiffres à l'OMS et à l'INCa : 9, 6 et 3 ans. Étude de Jha (NEJM, 2013) : environ 9 ans pour un arrêt entre 35 et 44 ans, 6 ans entre 45 et 54 ans.

gagnés en arrêtant à 40, 50 et 60 ans (HAS, 2014 ; Assurance Maladie, 2025)
7, 4 et 3 ans
aux mêmes âges selon Doll (BMJ, 2004), l'OMS (2020) et l'INCa (2025)
9, 6 et 3 ans
du sur-risque de décès évité en arrêtant avant 40 ans (Jha, NEJM, 2013)
environ 90 %

Mis à jour le · sources relues le 5 novembre 2026 · notre méthode

Est-ce trop tard à 40, 50 ou 60 ans

Non. La HAS l’écrit en toutes lettres dans sa recommandation de 2014 : il n’est jamais trop tard, il existe toujours un bénéfice à l’arrêt, quel que soit l’âge. Le rapport du Surgeon General américain (2020) conclut de même qu’arrêter est bénéfique à tout âge, et que cela peut ajouter jusqu’à dix ans d’espérance de vie.

Ce qui change avec l’âge, c’est la taille du gain. Et sur ce point, les sources ne publient pas toutes les mêmes chiffres.

Les années de vie regagnées selon l’âge : trois séries de chiffres

Âge de l’arrêt HAS, Assurance Maladie Doll, OMS, INCa Jha
Vers 30 ans pas de chiffre environ 10 ans environ 10 ans (25-34 ans)
40 ans 7 ans 9 ans environ 9 ans (35-44 ans)
50 ans 4 ans 6 ans environ 6 ans (45-54 ans)
60 ans 3 ans 3 ans environ 4 ans (55-64 ans, selon le NCI)

Qui dit quoi, et quand :

  • HAS (octobre 2014) et Assurance Maladie (27 juin 2025). 7, 4 et 3 ans. La HAS ne cite pas d’étude à cet endroit de son texte.
  • Doll et ses collègues (BMJ, 2004). Environ 10, 9, 6 et 3 ans pour un arrêt à 30, 40, 50 et 60 ans. L’étude a suivi pendant 50 ans des médecins britanniques, tous des hommes. L’OMS (2020) et l’INCa (page mise à jour le 22 octobre 2025) donnent les mêmes chiffres ; l’INCa ne chiffre pas l’arrêt à 30 ans, mais écrit qu’avant 35 ans l’espérance de vie serait proche de celle des non-fumeurs.
  • Jha et ses collègues (NEJM, 2013). Aux États-Unis, environ 10, 9 et 6 ans gagnés pour un arrêt entre 25 et 34 ans, 35 et 44 ans, 45 et 54 ans, par rapport à ceux qui continuent de fumer. Le chiffre de 4 ans pour la tranche 55-64 ans ne figure pas dans le résumé de l’étude : il est donné par l’institut américain du cancer (NCI, 2017).

Les chiffres de la HAS et de l’Assurance Maladie sont donc plus bas à 40 et 50 ans, identiques à 60 ans. Nous n’avons pas trouvé d’explication officielle à cet écart. Dans tous les cas, ce sont des moyennes calculées sur de grands groupes : aucune ne dit combien d’années tu gagneras, toi.

Arrêter à 40 ans : l’essentiel du sur-risque évité

7 ans selon la HAS, 9 selon Doll et l’OMS. Deux grandes études ajoutent un repère. Arrêter avant 40 ans réduit d’environ 90 % le risque de décès lié au fait de continuer (Jha, 2013). Chez un million de femmes suivies au Royaume-Uni, c’est plus de 90 % de la surmortalité due au tabac qui est évitée (Pirie, Lancet, 2013). Une revue parue en 2011 dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire rapporte que les personnes ayant arrêté entre 35 et 44 ans avaient la même espérance de vie que celles du même âge n’ayant jamais fumé.

Ce n’est pas une raison d’attendre la veille des 40 ans. L’étude de Pirie précise que fumer jusqu’à cet âge laisse des risques substantiels ; continuer au-delà est dix fois plus dangereux.

Arrêter à 50 ans : le sur-risque divisé par deux

4 ans pour la HAS et l’Assurance Maladie, 6 ans pour Doll, l’OMS, l’INCa et Jha (tranche 45-54 ans). L’étude de Doll le formule d’une autre façon, plus parlante que des années : arrêter à 50 ans divise par deux le sur-risque de décès lié au tabac. À 50 ans comme à 40, l’écart entre la HAS et les autres séries est de 2 ans ; il ne change pas le sens de la réponse.

Arrêter à 60 ans : 3 ans d’espérance de vie

À 60 ans, les séries se rejoignent : environ 3 ans gagnés, 4 ans pour la tranche 55-64 ans d’après le NCI. Le Surgeon General (2020) estime qu’un arrêt vers 60 ans pourrait encore réduire la mortalité prématurée de 40 %. Le même rapport rappelle qu’arrêter améliore l’état de santé et la qualité de vie : le gain ne se compte pas seulement en années.

Par où commencer, quel que soit ton âge

Ces années se comptent sur une vie entière. Pour ce qui change dès les premiers jours et les premiers mois, la page sans fumer suit le calendrier, et la page 10 ans sans fumer regarde plus loin.

Côté méthode, la page aides présente ce qui existe, et le test de Fagerström situe ta dépendance en six questions. Tu peux aussi en parler à ton médecin, ou appeler le 39 89 : les tabacologues de Tabac Info Service y répondent du lundi au samedi, de 8 h à 20 h. L’accompagnement ne coûte rien et l’appel n’est pas surtaxé.

Les sources

  1. HAS, recommandation « Arrêt de la consommation de tabac : du dépistage individuel au maintien de l'abstinence » (octobre 2014) — Arrêter de fumer à 40 ans améliore l'espérance de vie de 7 ans, à 50 ans de 4 ans, à 60 ans de 3 ans. Il n'est jamais trop tard : il existe toujours un bénéfice à l'arrêt, quel que soit l'âge.
  2. Assurance Maladie, « Les bonnes raisons d'arrêter de fumer » (27 juin 2025) — Arrêter de fumer à 40 ans augmente l'espérance de vie de 7 ans, à 50 ans de 4 ans et à 60 ans de 3 ans.
  3. Doll, Peto, Boreham et Sutherland, BMJ, 2004 (26 juin 2004) — Suivi de 50 ans de médecins britanniques hommes : arrêter à 60, 50, 40 ou 30 ans fait gagner environ 3, 6, 9 ou 10 ans d'espérance de vie. Arrêter à 50 ans divise le sur-risque par deux, à 30 ans l'évite presque en entier.
  4. OMS, « Tobacco: Health benefits of smoking cessation » (25 février 2020) — Gain d'espérance de vie selon l'âge de l'arrêt : presque 10 ans vers 30 ans, 9 ans vers 40 ans, 6 ans vers 50 ans, 3 ans vers 60 ans.
  5. INCa, « Faire prendre conscience des dangers du tabac » (mise à jour le 22 octobre 2025) — Gain moyen d'espérance de vie estimé à 3 ans pour un arrêt à 60 ans, 6 ans à 50 ans, 9 ans à 40 ans ; il serait proche de celui des non-fumeurs avant 35 ans (Peto et al, 2004).
  6. Jha et al., New England Journal of Medicine, 2013 (24 janvier 2013) — États-Unis : arrêter entre 25 et 34 ans, 35 et 44 ans ou 45 et 54 ans fait gagner environ 10, 9 et 6 ans de vie par rapport à ceux qui continuent. Arrêter avant 40 ans réduit d'environ 90 % le risque de décès lié au fait de continuer à fumer.
  7. National Cancer Institute, « Harms of Cigarette Smoking and Health Benefits of Quitting » (revue le 19 décembre 2017) — Les personnes qui arrêtent entre 55 et 64 ans vivent environ 4 ans de plus.
  8. Pirie et al. (Million Women Study), The Lancet, 2013 (12 janvier 2013) — Un million de femmes au Royaume-Uni : arrêter avant 40 ans évite plus de 90 % de la surmortalité due au tabac, avant 30 ans plus de 97 %. Fumer jusqu'à 40 ans laisse des risques substantiels, mais continuer est dix fois plus dangereux. Les fumeuses perdent au moins 10 ans de vie.
  9. U.S. Department of Health and Human Services, « Smoking Cessation. A Report of the Surgeon General » (2020) — Arrêter de fumer est bénéfique à tout âge, améliore l'état de santé et la qualité de vie, et peut ajouter jusqu'à dix ans d'espérance de vie. Même un arrêt vers 60 ans pourrait réduire la mortalité prématurée de 40 %.
  10. Thomas D., Bulletin épidémiologique hebdomadaire n° 20-21, « Bénéfices cardiovasculaires du sevrage tabagique » (31 mai 2011) — Les personnes ayant arrêté de fumer entre 35 et 44 ans avaient la même espérance de vie que des personnes du même âge n'ayant jamais fumé.

Sources relues le 5 novembre 2026. Ces repères ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé. En France, Tabac Info Service répond au 39 89.

Questions fréquentes

Combien d'années de vie gagne-t-on en arrêtant de fumer à 50 ans ?

Entre 4 et 6 ans selon les sources. La HAS (2014) et l'Assurance Maladie (2025) écrivent 4 ans. L'étude de Doll sur des médecins britanniques (BMJ, 2004) donne environ 6 ans, chiffre que l'on retrouve à l'OMS et à l'INCa, et celle de Jha aux États-Unis (NEJM, 2013) environ 6 ans pour un arrêt entre 45 et 54 ans. Doll ajoute qu'arrêter à 50 ans divise par deux le sur-risque de décès lié au tabac. Ce sont des moyennes.

Est-il trop tard pour arrêter de fumer à 60 ans ?

Non. La HAS écrit qu'il n'est jamais trop tard et qu'il existe toujours un bénéfice à l'arrêt, quel que soit l'âge. La HAS, l'Assurance Maladie, l'OMS et l'étude de Doll s'accordent sur environ 3 ans d'espérance de vie gagnés pour un arrêt à 60 ans ; l'institut américain du cancer parle d'environ 4 ans pour un arrêt entre 55 et 64 ans. Le rapport du Surgeon General américain (2020) estime qu'arrêter vers 60 ans pourrait encore réduire la mortalité prématurée de 40 %.

Arrêter de fumer avant 40 ans efface-t-il le risque lié au tabac ?

Presque, d'après deux grandes études. Jha (NEJM, 2013) : arrêter avant 40 ans réduit d'environ 90 % le risque de décès lié au fait de continuer. Pirie (Lancet, 2013), chez un million de femmes britanniques : plus de 90 % de la surmortalité évitée avant 40 ans, plus de 97 % avant 30 ans. La même étude précise que fumer jusqu'à 40 ans laisse des risques substantiels, et que continuer est dix fois plus dangereux. Le plus tôt reste le mieux.

Pourquoi les années de vie gagnées diffèrent-elles entre la HAS et l'OMS ?

Parce qu'elles ne publient pas la même série. La HAS (2014) écrit 7, 4 et 3 ans pour un arrêt à 40, 50 et 60 ans, sans citer d'étude à cet endroit de son texte ; l'Assurance Maladie reprend ces chiffres. L'OMS et l'INCa donnent 9, 6 et 3 ans, comme l'étude de Doll publiée en 2004 sur des médecins britanniques hommes. Les chiffres de la HAS sont plus bas à 40 et 50 ans, identiques à 60 ans. Nous n'avons pas trouvé d'explication officielle à cet écart.

Les années de vie gagnées à l'arrêt du tabac valent-elles aussi pour les femmes ?

Les études ne portent pas toutes sur les mêmes personnes. Celle de Doll (2004) ne suit que des hommes, médecins britanniques. Celle de Jha (2013), aux États-Unis, inclut des femmes et des hommes. Celle de Pirie (2013) suit un million de femmes au Royaume-Uni : son résumé ne donne pas d'années gagnées par âge, mais indique qu'arrêter avant 40 ans évite plus de 90 % de la surmortalité due au tabac, et que les fumeuses perdent au moins 10 ans de vie.