Sans fumer
5 ans sans fumer : AVC, cœur, poumon, le point source par source
L’essentiel
À 5 ans sans fumer, le cœur a déjà beaucoup récupéré : risque d'infarctus divisé par deux dès 1 an selon Tabac Info Service, sur-risque coronarien divisé par deux en 3 à 6 ans selon le CDC américain. Pour l'AVC, les sources françaises annoncent le risque d'un non-fumeur dès 1 an ; l'OMS, entre 5 et 15 ans. Pour le cancer du poumon, une réponse non datée de Tabac Info Service parle de presque moitié à 5 ans ; l'OMS place ce cap à 10 ans, le CDC entre 10 et 15 ans.
- délai de l'OMS pour retrouver le risque d'AVC d'un non-fumeur
- 5 à 15 ans
- délai du CDC pour diviser par deux le sur-risque de maladie coronarienne
- 3 à 6 ans
- gardés en 5 ans à un paquet par jour, au prix d'aujourd'hui (13 €)
- 23 725 €
- cigarettes non fumées à 20 par jour
- 36 500
Mis à jour le · sources relues le 5 novembre 2026 · notre méthode
Ce que les organismes publient pour 5 ans
Premier constat : les deux pages françaises les plus récentes, celle de Tabac Info Service (2026) et celle de l’Assurance Maladie (2025), n’ont pas de ligne « 5 ans ». Le seul repère français à cette date se trouve dans une réponse non datée d’un tabacologue de Tabac Info Service à un internaute. Le reste vient de l’OMS et des autorités de santé américaines.
| Risque | Repère français | Autres sources |
|---|---|---|
| AVC | Celui d’un non-fumeur dès 1 an | 5 à 15 ans (OMS, 2020) ; en baisse entre 5 et 10 ans (CDC, 2024) |
| Maladie coronarienne | Infarctus divisé par deux à 1 an | Sur-risque divisé par deux en 3 à 6 ans (CDC), 4 à 5 ans environ (Surgeon General, 2020) |
| Cancer du poumon | Presque divisé par deux à 5 ans (réponse non datée) | Moitié du risque d’un fumeur à 10 ans (OMS) ; sur-risque divisé par deux après 10 à 15 ans (CDC) |
| Bouche, gorge, larynx | Pas de repère à 5 ans | Sur-risque divisé par deux en 5 à 10 ans (CDC) |
AVC : tu entres dans la période de l’OMS
En France, on lit que le risque d’AVC rejoint celui d’un non-fumeur dès la première année. L’OMS parle de 5 à 15 ans : à 5 ans, tu arrives au début de cette période, pas à sa fin. Le désaccord est expliqué sur la page 1 an sans fumer.
Le rapport du Surgeon General américain montre d’où vient une fourchette aussi large : dans certaines études, le retour au risque d’une personne n’ayant jamais fumé a pris 5 ans, dans d’autres 15. Le rapport de 2020 cite aussi une modélisation selon laquelle le sur-risque d’AVC lié au tabac est divisé par deux après 4,78 ans d’arrêt, avec une marge d’incertitude large : de 2,17 à 10,50 ans. Il prévient enfin que le risque pourrait ne pas rejoindre tout à fait celui d’un non-fumeur.
Cancer du poumon : pourquoi nous ne retenons pas « la moitié à 5 ans »
La réponse de Tabac Info Service dit que le risque de cancer du poumon diminue presque de moitié à 5 ans. Aucune autre source lue ne le confirme. L’OMS place la moitié à 10 ans, le CDC et le Surgeon General entre 10 et 15 ans. La page de Tabac Info Service mise à jour en 2026 ne reprend pas ce repère : elle dit seulement que les risques de cancer ont bien diminué à dix ans.
Ce que la recherche situe autour de 5 ans est plus modeste. Selon le Centre international de recherche sur le cancer (2007), la différence de risque entre anciens fumeurs et fumeurs devient visible 5 à 9 ans après l’arrêt, puis grandit avec le temps.
À savoir : interrogé sur l’origine de ses repères, Tabac Info Service renvoie à un document de la Haute Autorité de santé. La recommandation de la HAS de 2014 sur l’arrêt du tabac, que nous avons lue, ne contient pas ces repères datés.
Le cœur à 5 ans
C’est le terrain où les sources se rejoignent le mieux. Prends la borne française (infarctus divisé par deux dès un an), celle du CDC (sur-risque coronarien divisé par deux en 3 à 6 ans) ou celle du Surgeon General (4 à 5 ans environ) : à 5 ans, selon chacune, tu as atteint ce cap de la moitié ou tu t’en approches. Une réserve : le rapport de 2020 signale des études qui vont de moins de 2 ans à plus de 10. Le retour au niveau d’un non-fumeur est annoncé à 15 ans par l’OMS.
5 ans en euros, et la suite
À un paquet par jour, 1 825 jours font 36 500 cigarettes et 23 725 €. Ce total est calculé au prix d’aujourd’hui, comme si le paquet avait coûté 13 € pendant cinq ans : c’est un ordre de grandeur. La page coût d’une vie de fumeur travaille, elle, avec les prix année par année.
Des envies légères peuvent encore passer, des mois ou des années après l’arrêt, note l’institut américain du cancer. Si l’une d’elles t’inquiète, appelle le 39 89 : des tabacologues y répondent gratuitement, du lundi au samedi, de 8 h à 20 h. Prochain repère : 10 ans, où se joue la question du cancer du poumon.
Les sources
- Tabac Info Service, réponse « Bénéfice arrêt tabac » (non datée) — Réponse d'un tabacologue à un internaute : à 5 ans, le risque de cancer du poumon diminue presque de moitié ; à 1 an, le risque d'AVC rejoint celui d'un non-fumeur.
- Tabac Info Service, « Les bienfaits de l'arrêt du tabac » (mise à jour le 5 octobre 2026) — La page ne donne pas de repère à 5 ans. Un an : risque d'AVC équivalent à celui d'une personne n'ayant jamais fumé, risque d'infarctus diminué de moitié. Dix ans : les risques de cancer de la bouche, du poumon, de la vessie ont bien diminué.
- Assurance Maladie, « Les bonnes raisons d'arrêter de fumer » (27 juin 2025) — Après un an sans tabac, le risque d'infarctus diminue de moitié et le risque d'AVC rejoint celui d'un non-fumeur. La page ne donne pas de repère à 5 ans.
- OMS, « Tobacco: Health benefits of smoking cessation » (25 février 2020) — Le risque d'AVC est ramené à celui d'un non-fumeur 5 à 15 ans après l'arrêt. 10 ans : le risque de cancer du poumon tombe à environ la moitié de celui d'un fumeur. 15 ans : le risque de maladie coronarienne est celui d'un non-fumeur.
- CDC, « Benefits of Quitting Smoking » (15 mai 2024) — 3 à 6 ans : sur-risque de maladie coronarienne divisé par deux. 5 à 10 ans : sur-risque de cancers de la bouche, de la gorge et du larynx divisé par deux, risque d'AVC en baisse. Sur-risque de cancer du poumon divisé par deux après 10 à 15 ans.
- Surgeon General des États-Unis, « Smoking Cessation », rapport 2020 (2020) — AVC : retour au risque d'un non-fumeur en 5 ans dans certaines études, 15 dans d'autres (conclusion de 1990) ; sur-risque divisé par deux après 4,78 ans dans une modélisation (intervalle 2,17 à 10,50) ; il pourrait ne pas rejoindre celui d'un non-fumeur. Cœur : sur-risque divisé par deux en 4 à 5 ans environ. Poumon : moitié du risque d'un fumeur après 10 à 15 ans environ.
- CIRC, « IARC Handbooks of Cancer Prevention », volume 11 (2007) — Cancer du poumon : la différence de risque entre anciens fumeurs et fumeurs devient visible 5 à 9 ans après l'arrêt et s'accroît avec le temps.
- Tabac Info Service, réponse « Bénéfice arrêt, nombre d'années » (non datée) — Interrogé sur la base scientifique de ses repères, Tabac Info Service renvoie à un document rédigé par la Haute Autorité de santé, fondé sur un ensemble d'études, sans confirmer les chiffres.
- HAS, « Arrêt de la consommation de tabac », recommandation de bonne pratique (mise à jour en octobre 2014) — Le texte des recommandations ne contient pas de repères datés du type « 1 an » ou « 5 ans ». Il indique qu'il existe toujours un bénéfice à l'arrêt du tabac, quel que soit l'âge.
- National Cancer Institute, « Handling Nicotine Withdrawal and Triggers » (revue le 3 janvier 2022) — Des envies légères et occasionnelles peuvent revenir des mois ou des années après l'arrêt.
Sources relues le 5 novembre 2026. Ces repères ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé. En France, Tabac Info Service répond au 39 89.