Sevrage
Prise de poids après l'arrêt du tabac : les chiffres côte à côte, sans promesse
L’essentiel
La prise de poids après l'arrêt du tabac n'est pas systématique. Quand elle existe, Tabac Info Service donne selon ses pages 4 à 5 kg, 3 à 5 kg ou 2 à 4 kg en moyenne, surtout les 3 premiers mois. Une méta-analyse de 62 études (BMJ, 2012) mesure 4,67 kg en moyenne à 12 mois chez des personnes ayant arrêté sans traitement, avec de grands écarts : 16 % ont maigri, 13 % ont pris plus de 10 kg. L'institut américain du cancer : en général moins de 10 livres (environ 4,5 kg).
- prise moyenne à 12 mois, arrêt sans traitement (méta-analyse, BMJ, 2012)
- 4,67 kg
- moyenne quand il y a prise de poids (Tabac Info Service ; ailleurs 4 à 5 kg ou 2 à 4 kg)
- 3 à 5 kg
- des personnes avaient perdu du poids à 12 mois (même étude du BMJ)
- 16 %
- période où l'essentiel des kilos est pris (Tabac Info Service, BMJ)
- 3 premiers mois
Mis à jour le · sources relues le 5 novembre 2026 · notre méthode
Combien de kilos : trois sources, trois chiffres
Tabac Info Service commence par une précision : la prise de poids n’est pas systématique. Quand elle existe, le service donne 3 à 5 kg en moyenne dans une réponse, 2 à 4 kg dans une autre, à condition de ne rien changer à l’équilibre entre ce que l’on mange et ce que l’on dépense. Sa page « Je surmonte mes craintes » (2022) retient une moyenne de 4 à 5 kilos.
La méta-analyse du BMJ (2012), qui regroupe 62 études, mesure 4,67 kg en moyenne à 12 mois chez des personnes qui ont arrêté sans traitement. Ses auteurs résument : 4 à 5 kg au bout d’un an.
L’institut américain du cancer (2022) écrit que la prise de poids est en général inférieure à 10 livres. Convertie par nos soins, cette unité américaine donne environ 4,5 kg. Le service de santé britannique (NHS) se contente de dire que la plupart des gens prennent un peu de poids.
Ces chiffres ne sont pas identiques, et ce sont tous des moyennes. Elles cachent de grands écarts.
Mois par mois, et d’une personne à l’autre
L’étude du BMJ est la seule, parmi les sources lues, à chiffrer la prise de poids mois après mois.
| Depuis l’arrêt | Prise moyenne (sans traitement) |
|---|---|
| 1 mois | 1,12 kg |
| 2 mois | 2,26 kg |
| 3 mois | 2,85 kg |
| 6 mois | 4,23 kg |
| 12 mois | 4,67 kg |
Le rythme est d’environ 1 kg par mois pendant les trois premiers mois, puis il ralentit. Tabac Info Service dit la même chose : les kilos sont pris en majorité dans les 3 premiers mois, ensuite cela se calme.
Derrière la moyenne, voici comment les personnes se répartissent à 12 mois, toujours sans traitement :
| Évolution du poids | Part des personnes |
|---|---|
| Ont perdu du poids | 16 % |
| Ont pris moins de 5 kg | 37 % |
| Ont pris 5 à 10 kg | 34 % |
| Ont pris plus de 10 kg | 13 % |
Pourquoi le poids monte quand la nicotine s’en va
Tabac Info Service l’explique ainsi : la nicotine coupe la faim, fait brûler des calories et ralentit le stockage des graisses. Selon le même service, fumer 20 cigarettes dans la journée fait dépenser environ 200 calories. À l’arrêt, cet effet n’est plus là.
Deux autres choses jouent. Le goût et l’odorat reviennent, ce qui peut rendre un peu plus gourmand. Et l’on grignote parfois pour gérer l’anxiété ou pour remplacer le geste de fumer.
La faim elle-même fait partie du manque physique. Tabac Info Service écrit qu’elle disparaît en quelques semaines. Une étude menée sur 315 fumeurs (Hughes, 1991) est moins optimiste : le poids, la faim et l’envie de fumer y ont duré 6 mois chez beaucoup. Sur les envies, vois la page envies de fumer.
Ce qui aide, sans régime
- Pas de régime strict maintenant. Pour Tabac Info Service, le corps ne peut pas gérer à la fois un sevrage du tabac et un régime strict.
- Trente minutes d’activité par jour. Le même service recommande au moins 30 minutes quotidiennes d’un effort équivalent à la marche rapide.
- Un accompagnement. La HAS cite les conseils diététiques, l’activité physique et, si besoin, une aide psychologique. Elle ajoute qu’un substitut nicotinique peut aider à limiter la prise de poids ; dans l’étude du BMJ, la prise de poids était pourtant comparable quel que soit le médicament utilisé. Pour le choix d’un traitement, parles-en à ton pharmacien ou à ton médecin.
Rien de tout cela ne garantit de ne pas grossir. Ce sont des conseils d’organismes officiels : aucune étude lue pour cette page n’en mesure l’effet sur le poids.
Quand consulter, et ce que pèsent ces kilos face à l’arrêt
Si ta prise de poids est trop importante ou trop rapide, Tabac Info Service conseille de consulter ton médecin traitant, un tabacologue ou un nutritionniste. Tu peux aussi en discuter avec un tabacologue au 39 89, du lundi au samedi, de 8 h à 20 h : le service est gratuit, et l’appel non surtaxé.
Reste la question de fond. La HAS reconnaît que la prise de poids peut parfois être importante, et précise que le bénéfice de l’arrêt sur le risque cardio-vasculaire reste significatif même dans ce cas. Le NHS écrit que les bénéfices de l’arrêt pour la santé sont bien plus grands que les risques liés à quelques kilos.
Les sources
- Aubin et al., « Weight gain in smokers after quitting cigarettes », BMJ, 2012 (10 juillet 2012) — Méta-analyse de 62 études. Sans traitement : 1,12 kg à 1 mois, 2,26 kg à 2 mois, 2,85 kg à 3 mois, 4,23 kg à 6 mois, 4,67 kg à 12 mois. À 12 mois : 16 % ont perdu du poids, 37 % ont pris moins de 5 kg, 34 % de 5 à 10 kg, 13 % plus de 10 kg. Prise comparable quel que soit le médicament d'aide à l'arrêt.
- Tabac Info Service, réponse sur la prise de poids et l'arrêt du tabac (non datée) — La prise de poids n'est pas systématique. Quand elle existe, elle est en moyenne de 3 à 5 kg.
- Tabac Info Service, « Je surmonte mes craintes » (mise à jour le 19 octobre 2022) — La prise de poids moyenne est de 4 à 5 kilos, principalement dans les 3 premiers mois de l'arrêt.
- Tabac Info Service, autre réponse sur la prise de poids (non datée) — Fumer 20 cigarettes dans la journée fait dépenser environ 200 calories. La prise de poids varie de 2 à 4 kg selon les personnes si l'on ne modifie pas l'équilibre entre dépenses et apports de calories.
- Tabac Info Service, « Je surmonte les difficultés du quotidien » (mise à jour le 5 octobre 2026) — La nicotine coupe la faim, brûle des calories et ralentit le stockage des graisses. Le goût et l'odorat reviennent. Pas de régime strict pendant le sevrage ; au moins 30 minutes par jour d'activité équivalente à la marche rapide. Prise de poids trop importante ou rapide : consulter.
- Tabac Info Service, réponse sur la fatigue et la faim (non datée) — La faim fait partie des signes de manque physique et disparaît en quelques semaines.
- Hughes et al., Archives of General Psychiatry, 1991 (résumé) (janvier 1991) — Chez 315 fumeurs, les symptômes étaient revenus au niveau d'avant l'arrêt en un mois, sauf le poids, la faim et l'envie de fumer, qui ont continué 6 mois chez beaucoup.
- National Cancer Institute, fiche sur le sevrage de la nicotine et ses déclencheurs (revue le 3 janvier 2022) — La prise de poids est en général inférieure à 10 livres (environ 4,5 kg, conversion faite par nous), mais elle peut gêner certaines personnes.
- HAS, recommandation « Arrêt de la consommation de tabac », texte des recommandations (mise à jour octobre 2014) — L'arrêt peut entraîner une prise de poids parfois importante, mais le bénéfice sur le risque cardio-vasculaire reste significatif même en cas de prise de poids. Conseils : diététique, activité physique, voire aide psychologique ; un substitut nicotinique peut aider à limiter la prise de poids.
- NHS Better Health (Royaume-Uni), « What could happen when you quit smoking » (non datée) — La plupart des gens prennent un peu de poids après l'arrêt ; les bénéfices de l'arrêt pour la santé sont bien plus grands que les risques liés à cette prise de poids.
Sources relues le 5 novembre 2026. Ces repères ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé. En France, Tabac Info Service répond au 39 89.