Sevrage

Baisse de moral et anxiété après l'arrêt du tabac : ce qui passe, quand demander de l'aide

L’essentiel

Une baisse de moral après l'arrêt du tabac peut venir du manque de nicotine. Selon Tabac Info Service, déprime et angoisses s'atténuent en général en 10 à 30 jours et disparaissent après deux mois (atténuation en 2 ou 3 mois au plus dans une autre réponse). Pour la HAS (2014), l'anxiété monte pendant deux semaines puis, après un mois, descend plus bas qu'avant l'arrêt. Si la déprime s'installe ou si tu as déjà fait une dépression, parles-en à un professionnel de santé.

pour que déprime et angoisses s'atténuent en général (Tabac Info Service)
10 à 30 jours
après l'arrêt, l'anxiété est plus basse qu'avant selon la HAS (2014)
1 mois
prévention du suicide : gratuit, 24 h sur 24, 7 jours sur 7 (Assurance Maladie)
3114
Tabac Info Service : du lundi au samedi de 8 h à 20 h, gratuit, appel non surtaxé
39 89

Mis à jour le · sources relues le 5 novembre 2026 · notre méthode

La baisse de moral après l’arrêt : combien de temps

Pour Tabac Info Service, la déprime s’atténue en général en 10 à 30 jours et disparaît après deux mois ; une autre de ses réponses parle d’une atténuation en 2 ou 3 mois au plus. La revue de Hughes (2007) situe le pic la première semaine ; la HAS voit l’anxiété monter pendant deux semaines.

début
dès le premier jour
le plus fort
jusqu’à 2 semaines après l’arrêt
s’estompe, selon les sources
entre 2 semaines et 3 mois
  • le plus fort
  • jusqu’à la fin la plus courte annoncée
  • jusqu’à la fin la plus longue annoncée

Qui dit quoi

La baisse de moral : la durée annoncée par chaque source
Source et date Ce qu’elle annonce
Tabac Info Service non datée Déprime et angoisses s’atténuent en général en 10 à 30 jours et disparaissent après deux mois.
Tabac Info Service non datée Autre réponse : la déprime doit normalement s’atténuer en 2 ou 3 mois au maximum.
Tabac Info Service non datée Autre réponse : l’humeur est meilleure 6 à 8 semaines après l’arrêt.
HAS mise à jour en octobre 2014 L’anxiété augmente les deux semaines qui suivent l’arrêt puis, après un mois, passe sous son niveau d’avant.
Institut américain du cancer (NCI) revue le 3 janvier 2022 Une dépression légère commence en général le premier jour, dure deux semaines environ et part en un mois.
Hughes, Nicotine & Tobacco Research, 2007 mars 2007 Dépression et anxiété, symptômes validés : pic la première semaine, durée de 2 à 4 semaines.

Ce sont des durées moyennes, publiées par les sources citées : elles changent d’une personne à l’autre. Un symptôme qui dure, s’aggrave ou t’inquiète se montre à un médecin. Tous les symptômes du sevrage

Pourquoi le moral flanche après l’arrêt

Si tu déprimes sans raison apparente depuis que tu as arrêté, c’est peut-être le manque de nicotine : c’est la première explication de Tabac Info Service. Ses tabacologues en donnent une seconde. La cigarette servait parfois d’« antidépresseur », de réconfort pour se remonter le moral, et ce soutien n’est plus là.

L’anxiété suit la même logique. Pour le même service, le stress fait partie des symptômes du manque, et il est passager : il diminue, puis disparaît. La HAS range d’ailleurs les troubles de l’humeur et l’anxiété parmi les symptômes de sevrage qu’un soignant doit anticiper avec son patient.

Tabac Info Service le précise : tout le monde ne ressent pas ces sensations.

Combien de temps durent la déprime et l’anxiété

Les repères français d’abord. Pour Tabac Info Service, déprime et angoisses s’atténuent en général en 10 à 30 jours et disparaissent après deux mois. Une autre de ses réponses dit que la déprime doit normalement s’atténuer en 2 ou 3 mois au plus.

Pour l’anxiété, la HAS décrit une courbe en deux temps. Elle augmente pendant les deux semaines qui suivent l’arrêt. Puis, après un mois, elle descend à un niveau plus faible qu’avant l’arrêt.

L’institut américain du cancer (2022) va dans le même sens. L’anxiété monte pendant les 3 premiers jours et peut durer plusieurs semaines. Une dépression légère, quand elle survient, commence en général le premier jour, dure deux semaines environ et disparaît en un mois.

Ces durées sont des moyennes, pas des échéances. La frise de cette page les place côte à côte.

Sur la durée, les études sont rassurantes

Une méta-analyse de 26 études, publiée dans le BMJ en 2014, associe l’arrêt du tabac à moins de dépression, d’anxiété et de stress que le fait de continuer à fumer. Une revue Cochrane de 2021, qui rassemble 102 études, conclut que la santé mentale ne se dégrade pas du fait de l’arrêt.

Ces résultats valent pour des groupes. Ils ne décrivent pas ta semaine. Ils rappellent quand même une chose utile quand le moral est bas au vingtième jour : en moyenne, les personnes qui arrêtent ne vont pas plus mal que celles qui continuent, au contraire. La page 1 mois sans fumer décrit ce cap.

Ce qui aide pendant ces semaines

  • Un substitut nicotinique. La déprime peut être atténuée par un substitut (patchs, pastilles, gommes, inhaleur ou spray), écrit Tabac Info Service. Si tu en prends déjà, le dosage est peut-être à ajuster : parles-en à ton pharmacien ou à ton médecin.
  • Du calme, matin et soir. L’institut américain du cancer conseille de te réserver un moment tranquille en début et en fin de journée, de bouger, de réduire la caféine, et de te rappeler que l’anxiété passe avec le temps.
  • Un accompagnement psychologique. Si le stress persiste, les thérapies comportementales et cognitives (TCC) ou un autre suivi psychologique peuvent t’aider, selon Tabac Info Service. La page tabacologue explique comment en consulter un.

Quand demander de l’aide, et à qui

Cette page ne pose aucun diagnostic : seul un professionnel de santé peut dire si ce que tu traverses relève du sevrage ou d’autre chose. Voici les repères des sources.

  • Tu as déjà fait une dépression, ou la déprime s’installe. Parles-en à un professionnel de santé (Tabac Info Service). La HAS indique que les personnes aux antécédents dépressifs sont les plus exposées à une rechute de trouble de l’humeur à l’arrêt, et que le sevrage est en moyenne plus intense en cas de troubles anxieux.
  • Rien ne s’améliore dans les jours qui suivent, malgré l’apport de nicotine. Tabac Info Service conseille d’appeler ton médecin traitant.
  • Les symptômes sont là presque chaque jour depuis au moins deux semaines. Sur sa page générale consacrée à la dépression, l’Assurance Maladie ne parle plus alors de simple déprime. C’est à un médecin d’en juger.
Ta situation Qui contacter
Le moral ne remonte pas Ton médecin traitant
Une question sur le manque ou tes substituts Le 39 89, du lundi au samedi, de 8 h à 20 h (service gratuit, appel non surtaxé)
Des idées suicidaires Le 3114, gratuit, 24 h sur 24, 7 jours sur 7
Des idées suicidaires envahissantes, un passage à l’acte planifié Le 15 ou le 112

Au 3114 répond un infirmier ou un psychologue formé à la prévention du suicide. L’Assurance Maladie rappelle que les idées de suicide sont fréquentes dans la dépression, et qu’il est important d’en parler à son médecin et à ses proches. Si la colère et la nervosité dominent plutôt que la tristesse, vois la page irritabilité.

Les sources

  1. Tabac Info Service, « Je surmonte les difficultés du quotidien » (mise à jour le 5 octobre 2026) — Une déprime sans raison apparente après l'arrêt vient peut-être du manque de nicotine. Le stress fait partie des symptômes du manque et il est passager. Si l'on a déjà fait une dépression ou si la déprime s'installe, il faut en parler à un professionnel de santé.
  2. Tabac Info Service, réponse d'un tabacologue sur les symptômes du sevrage (non datée) — La cigarette sert parfois de réconfort pour se remonter le moral. Déprime et angoisses ne sont pas vécues par tout le monde ; elles s'atténuent en général en 10 à 30 jours et disparaissent après deux mois.
  3. Tabac Info Service, réponse d'un tabacologue sur la déprime (non datée) — La déprime doit normalement s'atténuer en 2 ou 3 mois au plus. Elle peut être atténuée par un substitut nicotinique. Sans amélioration dans les jours qui suivent malgré l'apport de nicotine, appeler son médecin traitant.
  4. HAS, recommandation « Arrêt de la consommation de tabac », texte des recommandations (mise à jour octobre 2014) — L'anxiété augmente pendant les deux semaines qui suivent l'arrêt puis, après un mois, descend plus bas qu'avant. Sevrage plus intense en moyenne en cas de troubles anxieux ; les personnes aux antécédents dépressifs sont les plus exposées à une rechute de trouble de l'humeur.
  5. National Cancer Institute, fiche sur le sevrage de la nicotine et ses déclencheurs (revue le 3 janvier 2022) — L'anxiété monte pendant les 3 premiers jours et peut durer plusieurs semaines. Une dépression légère commence en général le premier jour, dure deux semaines environ et disparaît en un mois. Sans antécédent de dépression, une dépression majeure après l'arrêt est rare.
  6. Taylor et al., BMJ, 2014 (résumé) (février 2014) — Méta-analyse de 26 études : arrêter de fumer est associé à moins de dépression, d'anxiété et de stress, et à une meilleure qualité de vie, par rapport au fait de continuer.
  7. Taylor et al., revue Cochrane, 2021 (résumé) (mars 2021) — Revue de 102 études : la santé mentale ne se dégrade pas du fait de l'arrêt du tabac.
  8. Assurance Maladie, « Dépression : symptômes, diagnostic et évolution » (page générale) (26 septembre 2025) — Des symptômes présents presque chaque jour pendant au moins deux semaines : on parle d'épisode dépressif caractérisé et non de simple déprime. Les idées de suicide sont fréquentes dans la dépression ; il est important d'en parler à son médecin et à ses proches.
  9. Assurance Maladie, « Crise suicidaire : agir avant la tentative de suicide » (4 novembre 2026) — Le 3114 est gratuit et accessible 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 ; un infirmier ou un psychologue formé à la prévention du suicide répond. Appeler le 15 ou le 112 en cas d'idées suicidaires envahissantes ou de passage à l'acte planifié.
  10. Tabac Info Service, « Le 39 89 » (non datée) — Le 39 89 propose un accompagnement gratuit ; on peut appeler du lundi au samedi, de 8 h à 20 h.

Sources relues le 5 novembre 2026. Ces repères ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé. En France, Tabac Info Service répond au 39 89.

Questions fréquentes

La déprime après l'arrêt du tabac vient-elle du manque de nicotine ?

C'est possible. Tabac Info Service écrit que si tu déprimes sans raison apparente après l'arrêt, c'est peut-être à cause du manque de nicotine. Ses tabacologues ajoutent que la cigarette sert parfois de réconfort pour se remonter le moral, et que ce soutien manque à l'arrêt. Les troubles de l'humeur et l'anxiété figurent parmi les symptômes de sevrage que la HAS demande d'anticiper. Tout le monde ne les ressent pas.

Combien de temps dure l'anxiété après l'arrêt du tabac ?

D'après la HAS (2014), l'anxiété augmente pendant les deux semaines qui suivent l'arrêt puis, après un mois, descend à un niveau plus faible qu'avant. L'institut américain du cancer (2022) indique qu'elle monte pendant les 3 premiers jours et peut durer plusieurs semaines. Tabac Info Service parle, pour la déprime et les angoisses, d'une atténuation en 10 à 30 jours et d'une disparition après deux mois.

Arrêter de fumer peut-il déclencher une dépression ?

Chez une personne sans antécédent, une dépression majeure après l'arrêt est rare selon l'institut américain du cancer (2022). Les personnes qui ont déjà fait une dépression sont plus exposées : la HAS note qu'elles risquent davantage une rechute de trouble de l'humeur à l'arrêt. Dans ce cas, ou si la déprime s'installe, Tabac Info Service recommande d'en parler à un professionnel de santé. Sur l'ensemble des études, une revue Cochrane de 2021 conclut que la santé mentale ne se dégrade pas du fait de l'arrêt.

Qui appeler en cas d'idées suicidaires pendant l'arrêt du tabac ?

Le 3114, numéro national de prévention du suicide : gratuit, joignable 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, avec au bout du fil un infirmier ou un psychologue formé à la prévention du suicide (Assurance Maladie, 2026). Si les idées suicidaires sont envahissantes ou si un passage à l'acte est planifié, appelle le 15 ou le 112. L'Assurance Maladie rappelle qu'il est important d'en parler à son médecin et à ses proches.

Les substituts nicotiniques aident-ils contre la déprime du sevrage ?

Tabac Info Service indique que cette déprime peut être atténuée par un substitut nicotinique (patchs, pastilles, gommes, inhaleur ou spray), et que si tu en prends déjà, le dosage est peut-être à ajuster. Vois cela avec ton pharmacien ou ton médecin : cette page ne donne pas de dosage. Si tu ne constates pas d'amélioration dans les jours qui suivent malgré l'apport de nicotine, le même service conseille d'appeler ton médecin traitant.

Le moral est-il meilleur après l'arrêt du tabac qu'avant ?

Les études vont dans ce sens. Une méta-analyse de 26 études (Taylor et al., BMJ, 2014) associe l'arrêt du tabac à moins de dépression, d'anxiété et de stress, et à une meilleure qualité de vie, par rapport au fait de continuer à fumer. La HAS note qu'après un mois d'arrêt, l'anxiété est plus basse qu'avant. Ce sont des moyennes : elles ne disent pas ce que tu ressentiras, toi.